{"id":318,"date":"2014-10-02T09:23:36","date_gmt":"2014-10-02T07:23:36","guid":{"rendered":"http:\/\/ggrn1971.phpnet.org\/wordpress\/wordpress\/2014\/10\/02\/am-506-statistique-feodale-du-haut-pays-tome-5\/"},"modified":"2026-04-24T23:47:48","modified_gmt":"2026-04-24T21:47:48","slug":"am-506-statistique-feodale-du-haut-pays-tome-5","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tng.ggrn.fr\/WORDPRESS\/am-506-statistique-feodale-du-haut-pays-tome-5\/","title":{"rendered":"AM 506 &#8211; Statistique f\u00e9odale du Haut-Pays  &#8211; Tome 5"},"content":{"rendered":"<p><strong>Coupelle-Neuve, Coupelle-Vieille, Fruges, Senlis<\/strong><\/p>\n<p>La localit\u00e9 frugeoise, agricole et commer\u00e7ante, d&rsquo;un aspect agr\u00e9able et pittoresque, est b\u00e2tie en amphith\u00e9\u00e2tre entre deux cha\u00eenes de collines s\u00e9par\u00e9es par la Trax\u00e8ne, petite rivi\u00e8re qui prend sa source \u00e0 Coupelle-Vieille et se perd dans la Lys \u00e0 Lugy\u00a0; la gazette des Flandres d\u00e9clarait en 1837 qu&rsquo;elle \u00e9tait jadis tr\u00e8s poissonneuse et que la libert\u00e9 de la p\u00eache et les divers \u00e9tablissements industriels \u00e9tablis depuis 1789 sur ses bords l&rsquo;avaient d\u00e9peupl\u00e9e. On a d\u00e9couvert dans ce bourg des tombes en pierre ou sous dalles vers 1870 et 1910 qu\u2019on qualifia de gallo-romaines, mais qui sont sans doute plus tardives. Un cimeti\u00e8re m\u00e9rovingien fut d\u00e9couvert \u00ab\u00a0il y a longtemps\u00a0\u00bb en haut de la c\u00f4te entre Fruges et Coupelle-Neuve, au lieu-dit rue des morts, suivant les dires d\u2019Auguste Terninck.<\/p>\n<p>Au moyen-\u00e2ge le territoire de Fruges et des deux Coupelle se situe probablement en grande partie dans la mouvance des sires de Coupelle, repr\u00e9sent\u00e9s par la dynastie des Gualo (XIIe et XIIIe si\u00e8cles). Il faut attendre le XIVe si\u00e8cle pour que Coupelle-Neuve soit diff\u00e9renci\u00e9e de son a\u00een\u00e9e Coupelle-Vieille. Les actes mentionnent des personnages du nom de Fruges depuis la fin du XIIe jusqu\u2019au d\u00e9but du XVe sans qu\u2019il nous soit possible d\u2019\u00e9tablir une g\u00e9n\u00e9alogie de cette famille et m\u00eame de conna\u00eetre leurs \u00e9ventuelles possessions dans le terroir dont ils portent le nom. Du 14e si\u00e8cle au 15e si\u00e8cle se succ\u00e8dent \u00e0 la t\u00eate de la seigneurie frugeoise les familles d\u2019Olhain, de Willerval.<\/p>\n<p>Le fief principal du bourg de Fruges ou vicomt\u00e9 de Fruges, relevant du comt\u00e9 de Saint-Pol, appartient depuis le d\u00e9but du 16e si\u00e8cle \u00e0 la maison du Bois de Fiennes\u00a0; elle englobe les seigneuries de Saint Piat et de Dumuson\u00a0; d\u2019importants fiefs tels ceux de Roeupierre, de Gourguesson et de la Haye situ\u00e9s \u00e0 Fruges en d\u00e9pendent\u00a0; les seigneuries de Coupelle-Neuve et de Coupelle-Vieille connues sous le nom de seigneurie des \u00ab\u00a0deux Coupelles\u00a0\u00bb, d\u00e9pendant du bailliage de Saint-Omer, appartiennent au 16e \u00e0 la famille de Cro\u00ff de la branche des marquis de Renty. Guillaume de Cro\u00ff, marquis de Renty, seigneur de Chi\u00e8vres et des \u00ab\u00a0deux Coupelles\u00a0\u00bb meurt en 1556 dans son ch\u00e2teau de Renty\u00a0; de son \u00e9pouse Anne de Renesse d\u2019Elderen, cit\u00e9e dans le compte des centi\u00e8mes de 1570 sous le nom de marquise douairi\u00e8re de Renty, il laisse une fille unique Anne de Cro\u00ff, marquise de Renty et dame des \u00ab\u00a0deux Coupelles\u00a0\u00bb. Elle transmet ses fiefs seigneuriaux \u00e0 son fils Charles-Philippe de Cro\u00ff, duc d\u2019Havr\u00e9, qu\u2019elle a eu de son second \u00e9poux Philippe II de Cro\u00ff comte de Solre. C\u2019est la fille du duc d\u2019Havr\u00e9 pr\u00e9cit\u00e9, Marie-Ferdinande de Cro\u00ff d\u00e9c\u00e9d\u00e9e en 1683, qui fait entrer la seigneurie des deux Coupelles dans le patrimoine de la maison d\u2019Egmont par son mariage avec Philippe II-Louis comte d\u2019Egmont prince de Gavre. Une autre partie de Coupelle-Vieille appel\u00e9e \u00ab\u00a0seigneurie de Coupelle-Vieille\u00a0\u00bb \u00e9tait entre les mains de la maison de Dion, gr\u00e2ce au mariage de Blanche de Lallaing dame de Wandonne et Coupelle-Vieille, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e le 21\/12\/1537 \u00e0 Dion-le-Val (duch\u00e9 de Brabant) avec Philippe de Dion, chevalier seigneur dudit lieu et Rombes-le-Vieil\u00a0; elle appartint \u00e0 cette famille jusqu\u2019\u00e0 la r\u00e9volution\u00a0; elle relevait du comt\u00e9 de Saint-Pol.<\/p>\n<p>La nomination \u00e0 la cure de Fruges \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9e aux dames religieuses de l\u2019abbaye d\u2019Etrun qui poss\u00e9dait l\u2019autel avec toutes ses d\u00e9pendances d\u2019apr\u00e8s une charte du 9 Novembre 1119 de reconnaissance accord\u00e9e par le pape Calixte II et confirm\u00e9e en 1142 par le pape Innocent II. Elles y avaient une maison seigneuriale dite \u00ab\u00a0la seigneurie des dames d\u2019Etrun\u00a0\u00bb. La paroisse de Fruges, sous le vocable de Saint-Bertulphe appartenait au doyenn\u00e9 de Bomy avec deux vicaires dont l\u2019un portait le nom de vicaire ou de chapelain de Coupelle-Neuve et l\u2019autre desservait en particulier la chapelle du hameau d\u2019Herbecques. L\u2019ancienne \u00e9glise Saint-Bertulphe de Fruges, qui avait \u00e9t\u00e9 pill\u00e9e par les fran\u00e7ais pendant le si\u00e8ge d\u2019Hesdin de 1537, fut d\u00e9b\u00e2tie en 1865 pour faire place \u00e0 une nouvelle \u00e9glise. Dispos\u00e9e \u00e0 l\u2019emplacement de l\u2019\u00e9difice actuel, elle pr\u00e9sentait une tour haute et massive \u00e0 contreforts dispos\u00e9s perpendiculairement l\u2019un par rapport \u00e0 l\u2019autre\u00a0; elle \u00e9tait enti\u00e8rement en pierre et couverte d\u2019ardoise.<br \/>\nUne premi\u00e8re chapelle \u00e0 Coupelle-Neuve fut \u00e9rig\u00e9e en 1606 gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019autorisation donn\u00e9e par les archiducs d\u2019Autriche de pr\u00e9lever une somme de 700 livres sur la taille des habitants pour parvenir \u00e0 cette construction. Elle \u00e9tait d\u00e9pourvue de clocher et \u00e9tait couverte de chaume. L\u2019\u00e9glise Saint-Antoine de Coupelle-Neuve, tr\u00e8s exig\u00fce, datant au moins du 18e est probablement issue d\u2019une transformation de cette ancienne chapelle. Une cloche de ce hameau r\u00e9pondant au nom de \u00ab\u00a0Marie-Antoinette\u00a0\u00bb et refondue fut b\u00e9nite le 14 Novembre 1704 par le cur\u00e9 de Fruges accompagn\u00e9 par ses deux vicaires, ayant pour parrain Nicolas Brebion, lieutenant dudit Coupelle, et pour marraine Marie-Antoinette Limozin \u00e9pouse de Pierre Wasseur, demeurant audit lieu. Trente cinq ans plus tard, une cloche de Coupelle-Neuve, sous le vocable de la Sainte Vierge Marie, fut b\u00e9nie par le cur\u00e9 de Fruges \u00c9brard, avec pour parrain Andr\u00e9 Cousin, lieutenant g\u00e9n\u00e9ral des Coupelles, et pour marraine Marie-Th\u00e9r\u00e8se Pruvost. Un vicaire r\u00e9sidait dans cette petite localit\u00e9 et y faisait l&rsquo;\u00e9cole aux enfants de la paroisse. Pendant la r\u00e9volution, le notaire Courtois vint inspecter l&rsquo;\u00e9glise avec une bande de forcen\u00e9s; elle \u00e9tait ferm\u00e9e, les clefs \u00e9tant d\u00e9pos\u00e9es chez le sieur Pr\u00e9vost, un fermier de l&rsquo;endroit. Les jacobins se rendirent chez le fermier et le somm\u00e8rent avec menaces de leur ouvrir l&rsquo;\u00e9glise; il ob\u00e9it plus mort que vif et vit profaner devant lui le sanctuaire : statues bris\u00e9es, tabernacle forc\u00e9 par ledit Courtois qui saisit l&rsquo;hostie et la foula aux pieds.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9glise Saint-Thomas-de-Cantorb\u00e9ry de Coupelle-Vieille fut br\u00fbl\u00e9e et ruin\u00e9e en 1553 par les troupes du mar\u00e9chal Jacques d\u2019Albon seigneur de Saint-Andr\u00e9. Sur la planche de l\u2019album de Croy o\u00f9 est repr\u00e9sent\u00e9 le village en 1613, l\u2019\u00e9glise tout en pierre et couverte d\u2019ardoise, pr\u00e9sente une tour sur plan carr\u00e9\u00a0; le ch\u0153ur est plus \u00e9lev\u00e9 et plus large que la nef. On peut encore admirer de nos jours ce ch\u0153ur \u00e0 demi-gothique qui seul semble avoir subsist\u00e9 de cette \u00e9poque. La cure d\u00e9pendait du doyenn\u00e9 de Bomy, \u00e0 la nomination de l\u2019abb\u00e9 de Saint-Jean-au-Mont-L\u00e8s-Th\u00e9rouanne.<\/p>\n<p>Le bourg de Fruges conna\u00eet une prosp\u00e9rit\u00e9 sans pr\u00e9c\u00e9dent au cours du 18e si\u00e8cle d\u00fb au d\u00e9veloppement du petit commerce et de l&rsquo;artisanat (bas, filature, cuir et pipes); on passe de 800 habitants environ vers 1725 \u00e0 pr\u00e8s de 3000 quand commence la r\u00e9volution; les progr\u00e8s de l&rsquo;\u00e9conomie frugeoise sont li\u00e9s au d\u00e9veloppement de l&rsquo;industrie textile; cela entra\u00eena un d\u00e9veloppement de l&rsquo;espace b\u00e2ti essentiellement vers l&rsquo;ouest, vers Fort-Durietz et Coupelle; de nouvelles voies de communication apparurent; l&rsquo;ouverture de la route royale d&rsquo;Abbeville \u00e0 Saint-Omer vers 1780 facilita la desserte de la petite ville par les diligences.<\/p>\n<p>Le hameau de Coupelle-Neuve appartient \u00e0 cette \u00e9poque \u00e0 la paroisse de Fruges\u00a0; il devient municipalit\u00e9 ind\u00e9pendante en 1790 et est \u00e9rig\u00e9 en paroisse avec Avondance pour annexe \u00e0 partir de 1801.<br \/>\nLe lecteur int\u00e9ress\u00e9 par le pass\u00e9 de Fruges trouvera dans un ouvrage intitul\u00e9 \u00ab\u00a0pour l\u2019histoire de Fruges et d\u2019ailleurs\u00a0\u00bb publi\u00e9 en 1993 par le Comit\u00e9 d\u2019histoire du Haut-Pays, quantit\u00e9 de renseignements pr\u00e9cieux sur cette commune. Cette importante \u00e9tude renferme l\u2019essentiel des articles dont son auteur, Paul Coquempot, alimenta le bulletin historique du Haut-Pays pendant pr\u00e8s de vingt ann\u00e9es.<\/p>\n<p>La terre de Senlis relevait de la ch\u00e2tellenie de Lisbourg et donc du comt\u00e9 de Saint-Pol. Elle a donn\u00e9 son nom \u00e0 une famille chevaleresque connue d\u00e8s le 12e. En novembre 1203 Gilles seigneur de Senlis donna une d\u00eeme sur sa terre \u00e0 l\u2019abbaye de Saint-Silvin d\u2019Auchy-l\u00e8s-Moines, laquelle donation fut ratifi\u00e9e par Lambert \u00e9v\u00eaque de Th\u00e9rouanne. Les derniers repr\u00e9sentants du nom vendirent la seigneurie principale le 28 f\u00e9vrier 1600 au prix principal de 3100 livres \u00e0 Jean de Tramecourt agissant au nom de son fils Pierre de Tramecourt. Ses descendants la poss\u00e9daient encore en 1789.<br \/>\nOutre la seigneurie de Senlis proprement dite, d\u2019autres importantes seigneuries s\u2019\u00e9tendaient sur le territoire de Senlis: celles du Wast et de Doncoeur qui entr\u00e8rent au XVIIe si\u00e8cle dans le patrimoine de la famille de Tramecourt; celle d\u2019Englos qui appartenait \u00e0 la famille Dausques et parvint \u00e0 la maison de Wandonne, de Verchin, par h\u00e9ritage.<\/p>\n<p>La remarquable petite \u00e9glise de Senlis du XIIIe si\u00e8cle, sous le vocable de Notre-Dame, \u00e9tait avant la r\u00e9volution une annexe d\u2019H\u00e9zecques, \u00e0 la collation des doyens de Boulogne et d\u2019Ypres. Elle appartenait au doyenn\u00e9 de Bomy. Son porche Sud ext\u00e9rieur est semblable \u00e0 une chapelle avec un d\u00f4me \u00e0 nervures du XIVe si\u00e8cle; il porte une date qu\u2019on peut lire 1619. On peut admirer \u00e9galement les belles vo\u00fbtes d\u2019ogives de la nef et du choeur.<\/p>\n<p>Une table des fiefs \u00e9tudi\u00e9s et un index des principaux patronymes cl\u00f4turent ce cinqui\u00e8me tome de statistique f\u00e9odale consacr\u00e9 au Haut-Pays. Cet ouvrage de 239 pages, avec son dos carr\u00e9 coll\u00e9, comprend plusieurs illustrations en couleur.<\/p>\n<p>239 pages<\/p>\n<p><strong> <em>Publi\u00e9 sous la r\u00e9f\u00e9rence AM 506 <\/em> <\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Coupelle-Neuve, Coupelle-Vieille, Fruges, Senlis La localit\u00e9 frugeoise, agricole et commer\u00e7ante, d&rsquo;un aspect agr\u00e9able et pittoresque, est b\u00e2tie en amphith\u00e9\u00e2tre entre deux cha\u00eenes de collines s\u00e9par\u00e9es par la Trax\u00e8ne, petite rivi\u00e8re qui prend sa source \u00e0 Coupelle-Vieille et se perd dans la Lys \u00e0 Lugy\u00a0; la gazette des Flandres d\u00e9clarait en 1837 qu&rsquo;elle \u00e9tait jadis tr\u00e8s [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":29896,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"pmpro_default_level":"","footnotes":""},"categories":[24],"tags":[],"class_list":["post-318","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-travaux-genealogiques","pmpro-has-access","czr-hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/tng.ggrn.fr\/WORDPRESS\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/318","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/tng.ggrn.fr\/WORDPRESS\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/tng.ggrn.fr\/WORDPRESS\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tng.ggrn.fr\/WORDPRESS\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tng.ggrn.fr\/WORDPRESS\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=318"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/tng.ggrn.fr\/WORDPRESS\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/318\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":29897,"href":"https:\/\/tng.ggrn.fr\/WORDPRESS\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/318\/revisions\/29897"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tng.ggrn.fr\/WORDPRESS\/wp-json\/wp\/v2\/media\/29896"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/tng.ggrn.fr\/WORDPRESS\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=318"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/tng.ggrn.fr\/WORDPRESS\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=318"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/tng.ggrn.fr\/WORDPRESS\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=318"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}